Bishop Joseph Dabrowski’s Installation Homily in French

August 12, 2023

Invités distingués, Chers frères et sœurs, Chers amis,

Je vous salue tous chaleureusement en cette belle journée, et je vous souhaite la bienvenue dans cette grande Basilique de Saint-Dunstan au début de mon ministère épiscopal parmi vous ! Je souhaite la bienvenue à mes frères évêques et prêtres, diacres permanents, femmes et hommes consacrés, et à tant d’entre vous qui sont venus de loin pour être avec moi et rendre grâce à Dieu pour le privilège de faire partie de l’Église à Charlottetown !

Aux nombreux membres francophones du Diocèse de Charlottetown, je vous remercie pour votre accueil chaleureux et pour tout ce que vous faites pour bâtir et fortifier cette Église locale. Je compte sur vous pour votre soutien continu et votre amitié et je vous demande de prier pour moi alors que je commence mon ministère parmi vous.

Excellence, Mgr Jurkovič, votre présence parmi nous aujourd’hui est un signe vivant du pont qui existe entre nous et le Saint-Père, le Pape François. Je vous demande d’exprimer au Pape François ma plus profonde gratitude pour la confiance qu’il a placée en moi, et pour l’amour et le profond respect que nous lui portons tous dans ce diocèse.

Le Saint-Père est pour nous et surtout pour moi un véritable « Pontifex », un bâtisseur de ponts dans un monde qui érige trop souvent des solitudes, des murs et des divisions. Il est pour nous un berger extraordinaire et doux, au cœur universel qui nous a conquis avec son sourire contagieux, sa bonté authentique, sa sagesse pastorale et son bon sens.

J’avais sincèrement espéré que Mgr Richard Grecco serait avec nous aujourd’hui, mais sa santé ne lui a pas permis de voyager. Le leadership exceptionnel de Mgr Grecco dans cette Église locale de 2009 à 2021, ainsi que son amour et son dévouement pour les prêtres, les religieux et les gens de ce diocèse, est son héritage durable pour nous. Sa gentillesse envers moi au cours des dernières semaines depuis ma nomination à Charlottetown m’a été d’une aide et d’un encouragement considérables! L’évêque est uni à nous aujourd’hui par le biais de la diffusion en direct, mais le Père Denis Grecco, le frère de l’évêque est ici avec nous aujourd’hui. Je te demande, Denis, de transmettre à ton frère mes sincères remerciements pour son leadership exceptionnel. Fais-lui part de nos prières pour son prompt rétablissement et sa bonne santé. Il aura toujours une place dans nos cœurs à Charlottetown! Nous sommes impatients d’accueillir de nouveau Mgr Grecco à Charlottetown dans un proche avenir.

Monseigneur Fabbro, comment puis-je commencer à te remercier pour le privilège que j’ai eu ces dernières années de travailler en étroite collaboration avec toi dans le diocèse de London ! Tu as été pour moi un grand professeur, un mentor, un frère et un ami précieux – quelqu’un en qui j’avais confiance et que j’ai essayé de mon mieux d’imiter dans mon propre ministère de berger. Tu me manqueras beaucoup et je chérirai toujours les souvenirs de servir le peuple de Dieu avec toi dans le diocèse de London. S’il te plaît, ne sois pas un étranger pour moi à Charlottetown!

Suite au départ à la retraite de Mgr Richard Grecco en mars 2021, le Collège des Consulteurs a sélectionné Monsieur l’Abbé Brian MacDougall comme administrateur diocésain de ce diocèse. Aujourd’hui, au nom de tout le diocèse de Charlottetown, je vous remercie, Père Brian, pour votre direction diligente, patiente et compatissante de cette Église locale. Ce fut un très long Avent pour vous tous, et vous avez vraiment été le Jean-Baptiste en préparant le chemin… Merci pour tout ce que vous avez fait pour moi, personnellement, ces dernières semaines avec le Père Chris et toute l’équipe du centre diocésain.

À ma famille ici avec moi aujourd’hui, je vous suis éternellement reconnaissant de me soutenir avec votre amour, vos prières, votre soutien et votre bel exemple de foi et de bonté. Je suis particulièrement reconnaissant à ma famille pour le soutien que nous partageons en des moments heureux et difficiles de notre vie.  L’éloignement géographique n’a jamais posé d’empêchement à nos rapports proches.  Permettez-moi d’adresser en ma langue maternelle quelques paroles d’accueil à mes sœurs et à leurs familles et surtout à mes parents, qui, à cause de leur âge, n’ont pas pu être présents parmi nous aujourd’hui.  Mes parents vont célébrer le 63e anniversaire de leur mariage et j’espère pouvoir partager cette joie avec eux au mois d’août.   

(En polonais) Chers membres de ma famille, je sais que vous êtes unis en esprit avec moi aujourd’hui, je voudrais alors exprimer ma plus profonde reconnaissance et amour pour le don de vie, de foi et d’amour dont vous nous avez comblé, moi et mes sœurs.  Cet amour et cette éducation que j’ai reçus de votre part, je les partage maintenant avec les autres.  Sans vous, je ne serais pas ici.  Que Dieu vous bénisse et on se voit en août.  Mes chères sœurs et vos maris, mon neveu et ma nièce présents ici, Rafal et Angela et tous ceux qui se joignent à nous, merci de partager des moments joyeux comme celui-ci, aujourd’hui, mais aussi des moments difficiles qui ne nous manquaient pas dans notre vie. 

A mes amis, anciens collègues du diocèse de London, je suis reconnaissant de votre présence et de votre soutien et amitié qui continuent depuis tant d’années.  J’aimerais également exprimer ma reconnaissance à la communauté italienne et espagnole que j’ai desservie dans le diocèse de London et à mes amis. 

(En italien) Une grande partie de mon ministère ces dernières années a été avec la communauté italienne du Diocèse de London. À mes nombreux anciens paroissiens italiens et chers amis de langue et de culture italiennes, en particulier à ceux qui ne peuvent pas être avec moi aujourd’hui, je vous remercie du fond du cœur pour votre grande affection et votre amitié. Je porte chacun de vous et vos familles dans mon cœur.

(En espagnol) J’ai également eu le grand privilège de travailler avec de nombreux «Latinos» dans mon ministère à London, en particulier de nombreux travailleurs migrants et des personnes de nombreux pays d’Amérique latine. Sachez que je ne vous oublierai jamais et que je vous porterai dans mon cœur et dans mes prières J’aimerais aussi accueillir mes amis dans différentes parties du monde, de London et les Pères Michaélites, je leur exprime à tous,  ma reconnaissance pour leur amitié et soutien constants.

Comme vous le savez maintenant, je suis prêtre de la Congrégation de Saint-Michel Archange. On nous appelle les « Michaélites!» Pendant de nombreuses années, j’ai eu le privilège de vivre et d’exercer mon ministère avec mes frères Michaélites dans la Vice-province nord-américaine. Chers Michaélites, votre soutien fraternel et vos excellents exemples de charité, de dévouement et de bonté ont marqué ma vie. L’I.-P.-E est loin de London, mais la présence de quelques-uns parmi vous ici, aujourd’hui est un signe puissant que nous restons unis par la prière, fraternité et amitié dans ma nouvelle vie ici à Charlottetown.  J’aimerais surtout exprimer ma reconnaissance à notre Supérieur-général, Le Père Dariusz Wilk, accompagné de quelques frères Michaélites, qui sont venus d’aussi loin que la Pologne pour être ici.     

(En polonais) Cher Père Supérieur, Père Dariusz, je voudrais exprimer ma reconnaissance pour votre présence ici ainsi que celle de nos confrères du conseil général, du supérieur de la vice-province de l’Amérique du Nord, le Père Waclaw, les délégués, les confrères de cette vice-province ainsi que d’autres pays du monde, pour tout ce que j’ai reçu des pères Michaélites.  La devise des Michaélites sera toujours la mienne dans mon travail : « Qui est comme Dieu » et « Sagesse et Œuvre ».  Merci pour tout.  Je vous demande, chers frères, d’être près de moi, priez pour moi et ne m’oubliez pas sur cette île lointaine!

Finalement, je voudrais accueillir la communauté autochtone de ce pays en Mi’kmaq, leur langue maternelle. 

(En Mi’kmaq)   Merci à vous tous de m’avoir accueilli parmi vous.  J’ai hâte de travailler avec vous. 

Après mes quelques mots de présentation, je me demande combien de temps il me reste pour l’homélie…

Mes chers amis, permettez-moi d’offrir quelques réflexions sur la grande fête d’aujourd’hui des saints Pierre et Paul, piliers de notre Église. C’est une merveilleuse fête pour moi de commencer mon ministère parmi vous.

En tant qu’hommes ordinaires, Pierre et Paul auraient pu s’éviter de temps en temps. Pierre était un pêcheur de la mer de Galilée et Paul un intellectuel de formation grecque. Mais Jésus les a réunis comme un signe pour son Église dans laquelle toute la gamme de l’humanité trouverait un nouveau lieu d’accueil. Ensemble, ils ont travaillé pour bâtir l’Église. Ensemble, ils ont témoigné du Christ. Ensemble, ils ont subi la mort de leur Seigneur par des mains meurtrières. Paul est mort par l’épée et Pierre a été crucifié la tête en bas. Ils avaient une unité qui transcendait toutes les différences. Ils nous enseignent la profondeur de l’engagement chrétien.

Dans l’évangile d’aujourd’hui, Jésus et ses disciples sont entrés dans la région de Césarée de Philippe lors de leur long voyage de leur environnement familier. Césarée de Philippe était un lieu étranger aux apôtres qui connaissaient mieux les villes et les bords du lac. Dans ce centre de pouvoir, de sophistication et de culte païen rampant, Jésus se tourne vers ses disciples et leur demande ce que les gens disent de lui. Comment voient-ils son travail ? Qui est-il dans leur esprit ?

Sans doute surpris par sa question, les disciples fouillent leurs souvenirs pour des remarques entendues, des bribes de conversations partagées et des opinions circulant dans les villes de pêcheurs galiléennes. Certains disent que les chrétiens individuels devraient être des figures d’Elie, confrontant publiquement les systèmes, les institutions et les politiques nationales. C’était ainsi qu’Elie voyait sa tâche. Certains disent, comme Jérémie, que le règne du Christ est le côté personnel et privé de la vie. Et nombreux sont ceux qui voudraient réduire la religion et la foi à une affaire privée dans notre monde d’aujourd’hui. Jésus sonde au-delà des deux approches et demande : « Toi, qui dis-tu que je suis ?

Dans la réponse de Pierre, « Tu es le Messie », lâchée avec son impétuosité typique, on nous donne un concept qui implique les deux idées ci-dessus et les dépasse. Le Messie est venu dans la société, et dans les vies individuelles, de manière totale, en conciliant la distinction entre public et privé. La qualité de notre réponse à cette question est le meilleur indicateur de la qualité de notre état de disciple. Tout le monde à un moment donné doit venir à Césarée de Philippe et répondre à la question : « Toi, qui dis-tu que je suis » ? Quels sont les lieux de Césarée de Philippe dans ma vie où j’ai été mis au défi d’identifier le Christ pour qui il est vraiment pour moi, pour l’Église et pour le monde ?

Aujourd’hui, nous apprenons qu’être avec Pierre signifie préserver l’unité de l’Église chrétienne. Parler avec Paul, c’est proclamer la Parole de Dieu. Leur passion était de proclamer l’Évangile du Christ. C’est le cœur de la nouvelle Évangélisation dont notre temps a tant besoin. Pierre et Paul sont pour nous un fondement solide ; ils sont les piliers de notre Église. Ils sont mes modèles, mes guides et mon inspiration alors que j’entreprends mon nouveau ministère parmi vous. Je suis venu parmi vous pour vous annoncer la bonne nouvelle ! Je suis venu demander à chacun de vous : « Qui est Jésus pour vous » ?

Enfin, permettez-moi quelques réflexions sur votre belle île ! Il y a quelques semaines, lorsque le pape François était à Budapest en Hongrie, il parlait magnifiquement des ponts sur le Danube… « Les ponts, qui rassemblent tant de réalités différentes, dépeignent un élément fort de l’œcuménisme. Ici, différentes confessions cohabitent sans friction, coopérant de manière respectueuse et constructive. »

Lorsque je suis arrivé parmi vous pour ma première visite il y a quelques semaines, j’ai été frappé par l’impressionnant Pont de la Confédération qui relie cette province de l’Île-du-Prince-Édouard et le Nouveau-Brunswick, rendant les déplacements dans les Maritimes faciles et pratiques. Ce pont massif est le plus long au monde traversant un vaste plan d’eau, et ce pont continue d’être l’une des plus grandes réalisations d’ingénierie au Canada du 20e siècle. Ce pont massif nous unit et nous relie au continent. Ce pont est un symbole puissant pour nous et pour l’Église de Charlottetown. Notre Église diocésaine a pour mission de construire des ponts et d’être un pont.

L’Église de Charlottetown a constamment construit des ponts et a été un pont vers le monde de l’apprentissage grâce aux excellents établissements d’enseignement qui ont fait partie de notre histoire : St. Andrew’s College, St. Dunstan’s College/University et St. Patrick’s School. Comment pouvons-nous oublier les Sœurs de la Congrégation de Notre-Dame – bâtisseuses de ponts qui ont administré et enseigné à l’Académie Notre-Dame pendant un siècle ainsi que dans les écoles de couvent de l’île pendant des périodes variables !

Notre église locale était un pont vers les soins de santé et la réalité de la maladie et de la souffrance par l’intermédiaire de l’hôpital de Charlottetown, de l’orphelinat Saint-Vincent, de la maison du Sacré-Cœur et de l’hôpital d’Alberton.

Je pense à l’excellent pont que l’Église a construit et renforcé grâce au dynamique ministère universitaire catholique présent à l’Université de l’Île-du-Prince-Édouard. Sœur Sue Kidd de la Congrégation de Notre-Dame et son équipe sont d’excellents bâtisseurs de ponts vers le monde de l’université!

Nous avons été richement bénis avec d’authentiques bâtisseurs de ponts qui ont été membres des ordres religieux qui ont béni cette Église locale : la Congrégation de Notre-Dame qui est toujours avec nous ; les Sœurs de Sainte Marthe encore avec nous sur le Mont, les Sœurs contemplatives du Précieux Sang et plusieurs autres communautés qui ont exercé leur ministère ici dans le passé. Notre histoire ecclésiale a été bénie avec les Frères des Écoles Chrétiennes, les Jésuites et les Rédemptoristes.

Ensemble, travaillons à bâtir des ponts vers la communauté, la province et la nation qui nous entourent. Je suis maintenant parmi vous pour bénir et encourager votre travail de construction de ponts. J’ai besoin que vous m’aidiez à faire paître le troupeau du Seigneur sur cette île et à m’occuper de la nouvelle Évangélisation que l’Église nous exige.

St. Dunstan, (909 – 988) est notre prêtre diocésain, dont cette grande cathédrale porte le nom. Il était une personne très influente pour son temps qui a revitalisé la vie monastique et reconstruit l’abbaye de Glastonbury qui est devenue un centre important du monachisme et de l’apprentissage. Il devint d’abord évêque de Worcester et de Londres, puis archevêque de Cantorbéry. Il a toujours donné de bons conseils aux dirigeants de l’époque. Le peuple anglais l’a accepté comme saint peu après sa mort et il a été officiellement canonisé en 1029. Il est un choix remarquable en tant que saint patron du diocèse de Charlottetown. Je me tourne vers lui aujourd’hui et demande à saint-Dunstan de veiller sur moi et de me guider ainsi que ce diocèse confié à mes soins.

Je m’appelle Joseph… un nom qui remonte à l’Ancien Testament. L’histoire de l’ancien Israël se termine par l’histoire déchirante des fils de Jacob descendant en Égypte pendant une période de famine pour obtenir du grain stocké par Joseph, qui, de nombreuses années plus tôt, avait été vendu en esclavage par ses frères, jaloux du favoritisme qu’il a reçu de leur père. Une fois en Égypte, Joseph avait trouvé grâce dans la maison de Pharaon en raison de son don d’interprète des rêves et de ses compétences administratives. Dans des scènes dignes d’un grand opéra, Joseph interroge ses frères, qui ne le reconnaissent pas, sur leur père bien-aimé, toujours en deuil de la mort supposée de son fils disparu. Joseph se détourne pour pleurer, puis révèle son identité à la consternation tremblante de ses frères : « Je suis Joseph, votre frère. » Les salutations de Joseph à ses frères étaient un pont délicat mais durable qui favoriserait le dialogue critique entre les membres de sa famille.

Aujourd’hui, faisant humblement confiance au Seigneur et à sa miséricorde divine, et comptant sur la protection de saint Michel Archange, de saint Dunstan et de l’intercession maternelle de la Bienheureuse Vierge Marie et de Joseph du Nouveau Testament, je viens parmi vous comme Joseph, votre frère. Prions les uns pour les autres et continuons chaque jour l’important travail de bâtisseurs de ponts.

Amen.